Casse de matériel au Botswana

(21 juin 2010)

Lors d’un voyage photographique en groupe il n’est pas rare de pouvoir considérer l’expérience comme un test de solidité pour le matériel photo. Cela a bien été le cas lors de mon safari photo au Botswana en avril-mai 2010.

Les participants se partageaient entre un pro (Laurent Baheux) équipé avec un Nikon D3, des enthousiastes qui apportaient un Canon EOS 5D, un Canon EOS 1D Mk3, un Canon EOS 550D, un Canon EOS 50D, un Konica-Minolta Dynax 7D et un Sony Alpha 700 (donc, sans représentation Nikon) et un amateur équipé d’un bridge Sony. Par ailleurs, on voyait aussi un Canon G11, également souvent mis à contribution, mais plutôt lors des arrêts au camp dans un mode de reportage moins éprouvant que les principales activités d’un safari photo.

Chobe, Botswana

Chobe, Botswana

Les leçons en terme de solidité et d’utilisabilité sont toujours difficiles à tirer (surtout dans le cas où il y aussi peu d’éléments de comparaison) mais les observations n’en restent pas moins notables. Je n’en veux voir que la liste des « observations » significatives :

  • Dès les premiers embruns des chutes Victoria, le Canon 550D a préféré renoncer (à l’analyse, il ne s’agissait que de l’infiltration d’un peu d’eau au niveau de la monture d’objectif – facilement corrigée par séchage). Il est vrai que lorsque les embruns sont devenus une intense pluie tropicale les photographes ont renoncé. Mais tous les autres appareils semblent avoir accepté bien plus d’humidité que leur spécification initiale.
  • L’emploi de gros télé-objectifs est un important stress mécanique pour l’interface entre boitier et télé. Cela s’est vu à la nécessité de resserrer les vis de la platine d’un Nikon D3 et de la monture d’un Minolta 300mm/4 (utilisé sur les boitiers Sony et Minolta). Pas dramatiques, ces incidents rappellent le besoin d’assurer une maintenance minimale lors d’expériences difficiles comme un safari photo intense (5000 à 15000 déclenchements par photographe).
  • L’environnement est difficile dans un pays où la poussière est omniprésente comme c’était le cas ici au Botswana. Outre les inévitables taches sur les capteurs reflex introduites lors des changements d’objectif ou lors des mouvements mécaniques des parties interne des mêmes objectifs (Photoshop sera mis à contribution pour « nettoyer » les images), nous avons pu observer un cas extrême de détérioration : un zoom 100-400mm/5,6 de Canon tout bonnement grippé en position 200mm probablement par du sable ou un gros amas de poussière. Retour en SAV obligatoire, mais avec le risque d’un coût supérieur à la valeur d’un objectif déjà ancien (le propriétaire semble maintenant convaincu de la nécessité d’acquérir une focale fixe de type 500mm en remplacement mais c’est une autre histoire).
  • Incident non-expliqué dans mon propre sac photo : une batterie Minolta en court-circuit qui souligne l’importance de disposer de pièces de rechange (tout au moins pour ce qui concerne les petites pièces à coût limité et dont l’absence peut être dramatique). Le fait d’être équipé de trois batteries (dont une malheureusement en très mauvaise santé) a permis de continuer à utiliser le Minolta D7D comme second boitier. Si je n’avais eu que deux batteries pour un appareil principal, cela aurait tourné à une situation fort désagréable, il faut le reconnaître.

On remarque aisément dans cette liste que toutes les marques de matériel photographique ont été plus ou moins touchées par les détériorations. Disposer d’un matériel pro n’a pas dispensé L.Baheux de quelques travaux de mini-réparation, mais il est aussi vrai que le pro est souvent moins soigneux (il s’appuie beaucoup plus sur la confiance qu’il peut avoir en la solidité de son équipement).

_DSC9922w - Éléphant

Mes photos du Botswana paraissent au mois de juin sur www.roumazeilles.net et certaines d’entre elles sont en vente sous la forme de cartes, de posters et de tirages grand format sur ma galerie et sur RedBubble (à partir de 3,90€).

Ce que l’on voit moins dans cette liste est que certains matériels, sans défaillir, ont présenté quelques faiblesses désagréables. Au rythme d’emploi (très élevé, il faut reconnaître), les batteries ont été très sollicitées. Les packs de grande capacité d’un Nikon D3 ou d’un Canon 1D MkIII voient là un intérêt évident. Mais il faut reconnaître que les batteries du Sony Alpha 700 ont nécessité un plus grand nombre de recharges (il est difficile sinon impossible de passer une demi-journée de 1000 photos avec une seule batterie). Recharger devient une nécessité absolue, parfois même en cours de journée. Et quand on est dans un camp sans groupe électrogène, il devient critique de disposer d’un onduleur à brancher sur la prise allume-cigare du véhicule. Notez bien que dans ce cas, la prise allume-cigare et l’onduleur deviennent points de rupture commun à tous les passagers et il est utile de disposer aussi de connexions type « pinces crocodile » pour compenser une prise allume-cigare défaillante (j’avais rencontré cette situation au Kenya il y a quelques années) et d’un onduleur de rechange/complément (nous avons vu cela au Botswana). La paranoïa est utile. Je vais jusqu’à m’imposer de toujours disposer d’une solution qui repose exclusivement sur le 12V sans exiger la présence d’un onduleur (lourd, encombrant et d’un rendement limité, il faut dire).

Les batteries les plus éprouvées ont certainement été les petits blocs de Sony pour le bridge. Sa propriétaire avait bien fait de prendre quatre packs batterie pour pouvoir les remplacer et les recharger à peu près continuellement au cours des longs déplacements (nous avons fait des journées de 6 à 10 heures de circulation soit en safari, soit en étape de liaison).

Conclusion

Il n’est apparu aucune fragilité évidente dans le matériel photo ainsi observé (ce qui est arrivé peut facilement s’expliquer par l’age des organes utilisés ou peut n’être que la conséquence normale de la faible représentativité statistique d’un petit échantillon). Néanmoins, cela doit servir de leçon à quiconque voudrait participer à un voyage photographique : Soyez prêt à toutes sortes de casses de votre matériel.

Bientôt au Botswana ?

(12 mars 2010)

objectif-nature-2

Petite remarque personnelle : je me prépare à aller faire un safari photo au Botswana (le pays du safari africain ultime depuis que l’Afrique de l’Est voit les touristes déferler – relativement quand-même). Le voyage est organisé par Objectif Nature (fiche), est accompagné par Laurent Baheux, photographe pro accompli en photo sportive dont j’aime beaucoup le travail personnel sur l’Afrique et les animaux que certains auront pu voir l’an dernier au festival de Montier-en-Der. Je suis impatient de faire sa connaissance autour d’un sujet comme les chutes Victoria ou la faune sauvage du delta de l’Okavango.

Ne manquez pas de passer sur le site de Laurent Baheux. Si vous êtes attiré, Corinne d’Objectif Nature me signale qu’il y a encore des places pour le départ du 24 avril. N’hésitez pas à la contacter de ma part et peut-être nous y retrouverons-nous ?

Cerfs blancs élevés par l’Armée Américaine

(5 février 2010)

Le Seneca Army Depot (dans le comté de Seneca, Etat de New York, USA) a été tenu par l’US Army de la 2e Guerre Mondiale à la Guerre du Golfe. Un des impacts les plus marquants de la présence d’une armée en garde d’un grand espace comme celui-ci est que les animaux sauvages y sont tenus à l’écart de la plupart des interactions avec l’Homme. Dans le cas d’espèce cela s’est appliqué à une zone de préservation qui abirtait des cerfs porteurs d’une mutation génétique albino qui rend leur pelage preque complètement blanc.

Ce n’est pas absolument unique mais c’est un tel désavantage dans la nature en termes de protection contre les prédateurs (comme le chasseur humain) que l’on en rencontre peu regroupés au même endroit. Tout cela a mené à la constitution de ce qui est considéré comme le troupeau le plus grand du monde de cerfs blancs.




Photos de Kevin Colton

Ce serait clairement une destination intéressante pour le photographe animalier, mais je comprends que ce n’est pas encore à l’ordre du jour.

Voyages photo, suite

(4 janvier 2010)

Je n’étais apparemment pas le seul à m’inquiéter de notre manière de voyager en tant que photographes. J’ai trouvé cet intéressant article (en anglais) dans Photofocus (Traveling? Better Get a UPS Account).

Nous sommes face à un panorama qui évolue rapidement, mais j’y ai noté trois remarques ou conseils à noter :

  1. Si vous voyagez vers les USA, n’espérez pas emporter le moindre bagage en cabine. J’insistais sur le respect des consignes de poids imposées par les compagnies, mais Scott franchit un pas de plus…
  2. Voler à l’intérieur des USA ne garantit même pas que vos bagages seront autorisés vous accompagner en cabine.
  3. Prenez un compte chez UPS. C’est proprement effrayant mais nous arrivons peut-être au point où le matériel photo ne pourra plus être transporté que par UPS, DHL, Fedex, etc. (les bagages en soute sont si souvent/facilement volés et manipulés encore plus violemment que les colis UPS). Avoir un compte chez l’un de ces transporteurs rapides aide à obtenir un service de qualité. Et c’est gratuit.

Être photographe est vraiment en train de devenir une plaie. Vous étiez souvent considéré comme un terroriste potentiel simplement pour avoir pointé votre appareil sur un monument public.

La solution ? Aujourd’hui, il se pourrait bien que le simple voyage devienne impossible au photographe.

Les conséquences du pirate de Noël sur les voyages photo

(30 décembre 2009)

Vous savez maintenant tous qu’un récent vol Amsterdam-Detroit a manqué de peu d’être détruit en vol par un nigérian du nom de Umar Farouk Abdulmutallab. Cet individu a semble-t-il essayé d’allumer un explosif à base de penthrite en l’arrosant d’un acide. Les réactions ont été diverses, mais dans l’ensemble -comme on pouvait s’y attendre- les consignes de sécurité sont déjà en cours de révision et certaines peuvent avoir des conséquences sur les voyageurs qui emportent du matériel photo. Les plus prévisibles (et parfois déjà confirmées) sont :

Canon-man at Landvetter Airport - by Mescon

Canon-man at Landvetter Airport - by Mescon

  • Plus que jamais, l’emploi d’un appareil électronique est interdit dans les phases de décollage et d’atterrissage des avions. Cela implique que la photo (utilisant un appareil électronique) est exclue.
  • Les règles de poids concernant les bagages cabine sont appliquées avec encore plus de rigidité qu’auparavant : les conseils pour vos bagages donnés auparavant restent valables, mais la flexibilité a pratiquement disparu dans beaucoup de compagnies aériennes. Prévoyez de voyager léger ou reportez votre vol à une date ultérieure.
  • Pendant la dernière heure de vol, même un livre ou un couverture est interdit sur vos genoux. Ne pensez donc pas occuper ce temps avec une revue photo ou un ouvrage de Philip Plisson.
  • De nombreux produits restent interdits en avion. Tenez-vous à carreau : pas de bombe d’air comprimé, pas de liquides (nettoyants de capteur ou solvants ou autre devront aller proprement en soute ; et limitez-vous à de petite quantités pour plus de précautions).
  • Le personnel de bord est généralement obligé de couper les appareils électroniques de bord comme les téléphones et les réseaux WiFi (que l’on commençait à voir apparaître sur certains vols). Donc, ne comptez pas transmettre des images en vol ; cela devient impossible sur des vols de moins de 90 minutes, de moins en moins probable autrement. [1]
  • Par contre, les mesures de contrôle de l’identité ne semblent pas devoir influencer spécialement les voyages photo (si vous êtes en règle, bien sûr).

Rappelons enfin que les pays considérés comme appartenant actuellement à la « zone à risque » par le Ministère des Affaires Étrangères sont le Yémen, la Syrie, le Pakistan, l’Iran, l’Afghanistan, l’Algérie et le Mali (source : Le Monde). Par ailleurs, la liste complète des pays dont la TSA (Transportation Security Administration) considère que la simple présence d’un passeport comme méritant contrôle renforcé est paru sur Internet et elle contient : Cuba, Iran, Corée du Nord, Libye, Syrie, Soudan, Afghanistan, Liban, Somalie, Irak, Yémen et Algérie. Le transit par ces pays ne peut qu’augmenter ou intensifier les contrôles et les mesures de sécurité qui pèsent sur les voyageurs.

On comptait sur le calme relatif de ces derniers mois pour voir se généraliser les mesures raisonnables comme celles de l’Australie qui se préparait à relacher les règles applicables à la présence de petits objets tranchants dans les bagages cabine. Mais il semble que le contraire soit en train de se mettre en place et que les conditions vont encore se renforcer. A quand le voyage aérien en tenue d’Eve et d’Adam tel que suggéré en 2006 par une publicité Ryan Air ?

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Passer la douane avec un sac photo

(18 octobre 2009)

douane

Quand vous voyagez à l’étranger pour satisfaire simultanément vos désirs d’exotisme et de photographie,vous êtes facilement confronté à un obstacle très notable : passer la douane et/ou les contrôles d’embarquement en aéroport. Il y a pourtant quelques trucs à garder à l’esprit pour aider à en faire une expérience facile, sinon agréable. Voici les miens :

  • Mettez dans votre sac cabine tout ce qui est vraiment fragile, mais seulement cela : vos objectifs sont fragiles, pas votre trépied.
  • Assurez-vous que les appareils ont tous leurs batteries chargées (pour pouvoir immédiatement prouver que ce ne sont pas des bombes lors d’un contrôle).
  • Si vous utilisez encore du film, demandez pour eux une fouille manuelle pour éviter de les voir voilés par une machine à rayons X.
  • Ayez dans la poche toutes les factures (pas dans le sac pour limiter les risques en cas de vol toujours possible). Les douanes veulent une preuve d’achat et de paiement des taxes et TVA. Cela vous épargnera bien des ennuis.
  • Évitez d’ajouter une paire de cartes mémoire achetées sous le comptoir dans un pays douteux et pour lesquelles la TVA n’a pas été acquittée. On a vu des douaniers en devenir suspicieux et ensuite particulièrement tatillons. Vos achats à bon compte se feront un autre jour… quand vous aurez moins de matos sensible.
  • A l’enregistrement, demandez poliment si vous pouvez garder le sac en cabine (prenez l’initiative, n’attendez pas ; souriez, soyez poli). Faites tout pour que le sac ait l’air petit et léger (tenez-vous droit, les épaules dressées, le sac légèrement pendu à une seule épaule, comme s’il était vide). Si c’est accepté vous avez gagné.
  • Sinon, informez poliment votre interlocuteur que le sac contient du matériel de grande valeur. A l’extrême, soyez prêt à demander le prix d’une assurance pour le couvrir pendant le transport (cette dernière solution suffira souvent à relâcher la pression si la confrontation a duré un peu).
  • Dans certains pays ou sur certains vols courts, il peut être possible (parfois nécessaire sur un avion vraiment petit) d’acheter une place vide pour quelques sacs lourds (à partager entre photographes).
  • Quel que soit son poids, votre sac photo doit tenir dans les dimensions limite de cabine (115 cm par addition de chaque côté), cela facilite la conversation sur le poids.
  • Ne volez jamais sur des compagnies qui ne négocient jamais sur la limite de poids du bagage cabine. La liste évolue avec le temps, mais deux compagnies sortent ud lot : British Airways a l’air d’être le cauchemar du bagage lourd (pas plus de 5 kg en cabine, même avec une carte professionnelle et un pré-enregistrement organisé au comptoir de service pro) et RyanAir (comme certaines compagnies low cost) trouvent tous les moyens pour faire payer une sur-taxe au passager. Dans tous les cas, vérifiez par avance avec la compagnie aérienne (une lettre du siège de l’entreprise aide parfois) et avec votre agence de voyage (s’ils sont spécialisés dans le voyage photo).
  • Soyez toujours poli. Souvenez-vous que la personne en face de vous a le pouvoir de briser votre voyage photo. Alors, ne craquez jamais…

Avec ça, il est plus facile de voyager pour faire des photos. Avez-vous vos propres trucs à partager ?

Voyage au Népal

(6 septembre 2009)

Etendues SauvagesPour ceux qui rêvent de rencontrer le rhinocéros unicorne, le tigre ou les éléphants sauvages, il y a le voyage de 14 jours organisé au Népal par Étendues Sauvages et Alain Pons.

UNE SEMAINE EN LODGE DANS LE PARC NATIONAL DE BARDIA.
SAFARIS A DOS D’ÉLÉPHANT, EN JEEP, A PIED AVEC AFFÛTS ET TOURS D’OBSERVATION.
DESCENTE DU KARNALI EN RAFT ET NUIT EN BIVOUAC.

Je sais qu’il reste encore des places (je n’ai pas tout pris pour moi-même), je sais que le guide-photographe (Alain) est très compétent et très sympa, je connais déjà certains participants et l’ambiance devraient être très photographique avec d’agréables compagnons de voyage.

Photographie en forêt

(2 juillet 2009)

Parfois, par le passé, je m’étais demandé si ce ne serait pas difficile de faire des photos d’animaux en forêt. Quand je me suis rendu en Amazonie, j’ai pu constater que c’est beaucoup plus dur qu’ailleurs (et en particulier plus dur que dans le Pantanal brésilien).

Les obstacles :

  • Les animaux sont haut dans les arbres (presque jamais au sol), donc très très loin du photographe. Il faut un téléobjectif avec une stabilisation efficace.
  • Les animaux sont souvent à contre-jour sur fond de ciel (tout devient gris, même l’oiseau le plus coloré comme le toucan toco ci-dessous)
  • Il est parfois difficile de pénétrer dans le couvert, mais il faut le traverser pour trouver les clairières (par contre, on peut utiliser les rives d’un fleuve)

Rendez-vous compte sur cette vidéo trouvée sur Internet.

Il ne reste plus qu’à être conscient des difficultés, à les prendre en compte dans l’équipement que l’on emporte (télé, trépied, monopode, bonnes chaussures, etc.) et en restant attention à contourner les obstacles (éviter de se mettre à contre-jour, utiliser les modes High-Dynamic de l’appareil photo reflex, etc.)


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