Sony-sensor-overheating-during-video

Sony Alpha 33/55 : pas de vidéo

Si vous voulez voir une société se faire souffrir au pire moment, regardez Sony. En 2009, ils nous répètent qu’ils ne lanceront la vidéo sur les reflex que quand le sujet sera parfaitement au point ; en 2010, le lancement des Alpha 33 (SLT-A33) et Alpha 55 (SLT-A55) est un événement avec la présence du miroir semi-transparent qui doit résoudre tous les problèmes. Et il faut dire que la prouesse technique fait détonation dans le ciel face à un public qui dont les attentes sont pourtant souvent déjà élevées.

Seulement, voilà le gros hic quelques semaines à peine après le lancement : le capteur surchauffe. On le sait, les capteurs photo-vidéo numériques chauffent quand ils sont utilisés en continu. Le design des capteurs utilisés pour la vidéo (donc plus ou moins en continu) doit en tenir compte en évitant de produire trop de chaleur (le moins possible !) Le design des appareils doit absolument tenir compte de ce point pour permettre d’évacuer au mieux le peu de chaleur produite inévitablement.

Sony a raté l’un de ces points, c’est sûr. Les SLT-A33 et SLT-A55 sont affectés d’une surchauffe qui, quand elle atteint un niveau inacceptable, oblige l’appareil à disjoncter (couper le capteur). Comme on le voit sur le tableau ci-contre (en anglais mais très compréhensible), dans le cas le pire (quand il fait chaud dehors, 40°C, et que la stabilisation d’images est enclenchée) cela va très vite : 3 ou 4 minutes seulement. Très court ! Sans doute incompatible avec l’usage de la fonction vidéo.

Donc, pas de vidéo l’été. Ou presque.

Pire, même si cela n’est pas confirmé par Sony aujourd’hui, il est bien possible qu’il existe une limitation similaire (mais plus lointaine ?) en ce qui concerne l’utilisation du mode LiveView (qui n’est jamais que de la vidéo à basse définition).

Les solutions ? Essayons de les imaginer :

  • Aucun changement de firmware ne changera la dissipation thermique du capteur.
  • Aucun changement de firmware ne facilitera la sortie de la chaleur vers l’extérieur.
  • Un changement de firmware pourrait retirer (plus ou moins) la protection thermique. Mais est-ce une solution que de risquer d’autres problèmes ? (vieillissement prématuré du capteur, bruit thermique inacceptable, etc.)
  • Modifier/remplacer le capteur (en supposant que Sony dispose d’un capteur meilleur ou corrigé) ? On parle d’une intervention majeure en SAV.
  • Si le problème est une mauvaise conception du boitier lui-même, c’est pire… Rien à faire.

Je vous laisse imaginer le dilemme de Sony. Je vous laisse imaginer pourquoi la communication va être très difficile la semaine prochaine…

En attendant, pour ceux qui me demandent s’il faut acheter un SLT-A55 et qui pensent que la fonction vidéo est importante dans ce choix, je dis : attendez. Pour ceux qui sont pressés, j’affirme que la vidéo sur Alpha 33 et Alpha 55 est pratiquement interdite par la situation actuelle. Le petit bruit que vous entendez est celui des concurrents (Nikon, Canon en tête) qui soufflent un peu (il faut dire que Sony leur a donné des sueurs froides et ils ont l’impression qu’ils vont avoir un peu plus d’espace que ce qu’ils avaient craint).

9 comments for “Sony Alpha 33/55 : pas de vidéo

  1. Mash
    15 octobre 2010 at 10:53

    Un comble pour Sony qui mettait en avant la supériorité de leur mode vidéo grâce au miroir semi transparent…Et qui ce retrouve avec des appareils pour ainsi dire non fonctionnels dans ce même mode vidéo !

    Je me suis toujours posé la question de savoir si les surchauffes de capteur pouvaient les endommager à long terme, avec le live view par exemple.

  2. 15 octobre 2010 at 13:20

    Sonyiste depuis des années (photo / tv / video), les articles qui sortent en ce moment me font de plus en plus froid dans le dos …
    Par contre, j’ai une question, même si ce genre d’appareil ne m’intéresse, cela pourrait renseigner d’autres personnes : quand je filme, je ne fais jamais des plans de plus de 20 secondes. Est-il possible de filmer une heure durant par coupures ? Personnellement, les seuls cas où j’ai laissé tourner un camescope en continu pendant une heure, c’était pour des interviewes d’archive …

  3. 15 octobre 2010 at 21:07

    Sébastien,

    C’est une TRÈS bonne question. Mais la réponse est très compliquée. Essentiellement, en coupant les séquences, on laisse le temps à la babasse de refroidir. Donc, 10 séquences de 30s séparées par 0,5s sont à peu près équivalentes à 300s. Mais plus on laisse reposer entre les séquences…

    Je ne pense pas que l’on aura de chiffres précis dans ces conditions.

    Par contre, le cas le pire est quand-même bien à prendre en compte. Ma référence (je ne suis pas non plus vidéaste) reste Michel Plutarque, un ami photographe et vidéo-amateur que j’ai vu travailler en Afrique du Sud (et que nombre de photographes animaliers amateurs ont rencontrés de par le monde ces dernières années). Il filme longuement et monte soigneusement. Comment ferait-il pour la séquence en attente du départ de chasse de deux guépards sur leur termitière ? Nous sommes restés environ 25 minutes à surveiller ces beaux félins qui ne sont jamais partis après une proie. Dans ce cas, on shoote image après image à la recherche de la composition la plus subtile et il filme en continu (donc pendant 20-25 minutes). Je ne le vois pas s’arrêter pour laisser refroidir au risque de voir les deux frères guépards se lever et courser une gazelle de Thompson pendant que le capteur refroidit.

    Pire, au Kenya en 2009, j’ai vu une chasse de guépard (complète cette fois-ci), les trois guépards sont partis à la marche, ont traversé toute une plaine (approche superbe en fin de journée) et la course s’est déclenchée uniquement quand ils ont eu choisi une victime. Mais après avoir rejoint le lieu du kill, on a eu droit à environ une demi-heure de spectacle avec carcasse, guépards et hyènes. On enchaine les séquences et on trie ensuite. Les poses entre sont certainement très courtes.

    Je viens de vérifier dans mes archives de cette chasse. Les données EXIF de mes photos permettent d’être à peu près sûr de l’intensité et de ce qu’il fallait faire :

    1. Préparation de la chasse : 28 photos en 37 minutes (équivalent à quelques petites séquences espacées) puis une pause de 8 minutes
    2. Chasse : 6 photos en 15 secondes (très court, donc)
    3. Kill : une approche en 4×4 de moins de 90 secondes (pause entre les séquences, si on veut) puis 113 photos en 49 minutes (spectacle continu, pas le temps de reprendre son souffle)

    Un vidéaste va suivre le même rythme. Ce ne sont pas les pauses qui vont sauver l’ensemble. C’est beau et intense, une chasse. C’est mieux, si elle est aussi dans la boîte.

    Nota bene : en fin de journée en Afrique du Sud, il ne faisait sans doute pas 40°C mais plutôt 27-30°C. Au Kenya, il faisait sans doute plus chaud.

    PS: Quelques images de la fin de la chasse des guépards (malgré une lumière devenue pitoyable au coucher du soleil). Pour le souvenir et donner un peu de vie à mon commentaire : http://ylovebigcats.com/fr/2008/12/01/le-diner-des-guepards/

  4. 15 octobre 2010 at 22:31

    Merci pour ces informations Yves. Quoiqu’il en soit, je vais peut être paraître « vieux-jeu », mais je persiste à dire qu’un Réflex, ça prend des photos et un Camescope, ça tourne des films. Si l’un emprunte une fonction à l’autre, ça ne peut être que du dépannage tout au plus.

  5. 15 octobre 2010 at 22:35

    Ah au fait, j’adore la
    http://ylovebigcats.com/en/wp-content/uploads/2008/11/_dsc0604w-guepards-devorant-un-gnou-sanglant.jpg

    Quel matériel (boitier+objectif) as-tu utilisé pour cette prise de vue ?

  6. 16 octobre 2010 at 10:32

    Mon couple préféré : Sony Alpha 700 (toujours fidèle au poste) et l’exceptionnel Minolta APO G 400mm f/4 (acheté d’occase au Japon sur eBay il y a trois ans), sur lequel j’avais monté un doubleur Minolta APO II.

  7. 16 octobre 2010 at 10:35

    Séb, nous sommes tout deux « vieux jeu ». Moi aussi je pense que le réflex reste un appareil à faire des photos. Mais depuis quelques mois, j’ai l’occasion d’en parler avec de nombreux utilisateurs et je constate de plus en plus que les utilisateurs sont vraiment attiré par l’option de n’avoir qu’un seul appareil pour photo+vidéo en attendant qu’il soit vraiment au top dans les deux domaines. Je suis surpris et ça ne me correspond pas mais je tiens à écouter cette demande (comme je ne fais pratiquement jamais de photo de studio, mais j’essaye d’en suivre l’actualité).

  8. RAOUL Patrick
    19 novembre 2011 at 20:09

    Bonjour
    Je possède un alpha 33 depuis un an. Certes, il chauffe mais je fais régulièrement de séquences de 5 à 10 minutes sans problèmes. On s’adapte et qualité est excellente.
    Cordialement Patrick RAOUL

  9. 20 novembre 2011 at 11:30

    Bonjour Patrick,
    J’espère bien qu’on s’adapte. Mais comme indiqué, les performances étaient un peu limitées (dans certaines conditions). Pour certains usages, cela devenait handicapant.

    La situation s’est sans doute un petit peu améliorée avec le temps et quelques travaux de Sony dans ce domaine. Mais il faut quand-même se méfier dans certains cas, comme :

    • la prise de vue continue du spectacle de fin d’année de l’école des enfants (température fraiche mais prise de vue continue très longue)
    • l’enregistrement vidéo en safari (ou parfois en sport) : on ne négocie pas le moment de l’action et il fait souvent très chaud

    Par expérience personnelle, je sais qu’un fabricant de composants électroniques ou de capteurs numériques ne reste pas les deux pieds dans le même sabot dans une telle situation. Sans pouvoir tout révolutionner, bien sûr, Sony a sans doute amélioré autant que possible des détails qui ont pu allonger un poil les durées initialement indiquées.

Comments are closed.