Casse de matériel au Botswana

Lors d’un voyage photographique en groupe il n’est pas rare de pouvoir considérer l’expérience comme un test de solidité pour le matériel photo. Cela a bien été le cas lors de mon safari photo au Botswana en avril-mai 2010.

Les participants se partageaient entre un pro (Laurent Baheux) équipé avec un Nikon D3, des enthousiastes qui apportaient un Canon EOS 5D, un Canon EOS 1D Mk3, un Canon EOS 550D, un Canon EOS 50D, un Konica-Minolta Dynax 7D et un Sony Alpha 700 (donc, sans représentation Nikon) et un amateur équipé d’un bridge Sony. Par ailleurs, on voyait aussi un Canon G11, également souvent mis à contribution, mais plutôt lors des arrêts au camp dans un mode de reportage moins éprouvant que les principales activités d’un safari photo.

Chobe, Botswana

Chobe, Botswana

Les leçons en terme de solidité et d’utilisabilité sont toujours difficiles à tirer (surtout dans le cas où il y aussi peu d’éléments de comparaison) mais les observations n’en restent pas moins notables. Je n’en veux voir que la liste des « observations » significatives :

  • Dès les premiers embruns des chutes Victoria, le Canon 550D a préféré renoncer (à l’analyse, il ne s’agissait que de l’infiltration d’un peu d’eau au niveau de la monture d’objectif – facilement corrigée par séchage). Il est vrai que lorsque les embruns sont devenus une intense pluie tropicale les photographes ont renoncé. Mais tous les autres appareils semblent avoir accepté bien plus d’humidité que leur spécification initiale.
  • L’emploi de gros télé-objectifs est un important stress mécanique pour l’interface entre boitier et télé. Cela s’est vu à la nécessité de resserrer les vis de la platine d’un Nikon D3 et de la monture d’un Minolta 300mm/4 (utilisé sur les boitiers Sony et Minolta). Pas dramatiques, ces incidents rappellent le besoin d’assurer une maintenance minimale lors d’expériences difficiles comme un safari photo intense (5000 à 15000 déclenchements par photographe).
  • L’environnement est difficile dans un pays où la poussière est omniprésente comme c’était le cas ici au Botswana. Outre les inévitables taches sur les capteurs reflex introduites lors des changements d’objectif ou lors des mouvements mécaniques des parties interne des mêmes objectifs (Photoshop sera mis à contribution pour « nettoyer » les images), nous avons pu observer un cas extrême de détérioration : un zoom 100-400mm/5,6 de Canon tout bonnement grippé en position 200mm probablement par du sable ou un gros amas de poussière. Retour en SAV obligatoire, mais avec le risque d’un coût supérieur à la valeur d’un objectif déjà ancien (le propriétaire semble maintenant convaincu de la nécessité d’acquérir une focale fixe de type 500mm en remplacement mais c’est une autre histoire).
  • Incident non-expliqué dans mon propre sac photo : une batterie Minolta en court-circuit qui souligne l’importance de disposer de pièces de rechange (tout au moins pour ce qui concerne les petites pièces à coût limité et dont l’absence peut être dramatique). Le fait d’être équipé de trois batteries (dont une malheureusement en très mauvaise santé) a permis de continuer à utiliser le Minolta D7D comme second boitier. Si je n’avais eu que deux batteries pour un appareil principal, cela aurait tourné à une situation fort désagréable, il faut le reconnaître.

On remarque aisément dans cette liste que toutes les marques de matériel photographique ont été plus ou moins touchées par les détériorations. Disposer d’un matériel pro n’a pas dispensé L.Baheux de quelques travaux de mini-réparation, mais il est aussi vrai que le pro est souvent moins soigneux (il s’appuie beaucoup plus sur la confiance qu’il peut avoir en la solidité de son équipement).

_DSC9922w - Éléphant

Mes photos du Botswana paraissent au mois de juin sur www.roumazeilles.net et certaines d’entre elles sont en vente sous la forme de cartes, de posters et de tirages grand format sur ma galerie et sur RedBubble (à partir de 3,90€).

Ce que l’on voit moins dans cette liste est que certains matériels, sans défaillir, ont présenté quelques faiblesses désagréables. Au rythme d’emploi (très élevé, il faut reconnaître), les batteries ont été très sollicitées. Les packs de grande capacité d’un Nikon D3 ou d’un Canon 1D MkIII voient là un intérêt évident. Mais il faut reconnaître que les batteries du Sony Alpha 700 ont nécessité un plus grand nombre de recharges (il est difficile sinon impossible de passer une demi-journée de 1000 photos avec une seule batterie). Recharger devient une nécessité absolue, parfois même en cours de journée. Et quand on est dans un camp sans groupe électrogène, il devient critique de disposer d’un onduleur à brancher sur la prise allume-cigare du véhicule. Notez bien que dans ce cas, la prise allume-cigare et l’onduleur deviennent points de rupture commun à tous les passagers et il est utile de disposer aussi de connexions type « pinces crocodile » pour compenser une prise allume-cigare défaillante (j’avais rencontré cette situation au Kenya il y a quelques années) et d’un onduleur de rechange/complément (nous avons vu cela au Botswana). La paranoïa est utile. Je vais jusqu’à m’imposer de toujours disposer d’une solution qui repose exclusivement sur le 12V sans exiger la présence d’un onduleur (lourd, encombrant et d’un rendement limité, il faut dire).

Les batteries les plus éprouvées ont certainement été les petits blocs de Sony pour le bridge. Sa propriétaire avait bien fait de prendre quatre packs batterie pour pouvoir les remplacer et les recharger à peu près continuellement au cours des longs déplacements (nous avons fait des journées de 6 à 10 heures de circulation soit en safari, soit en étape de liaison).

Conclusion

Il n’est apparu aucune fragilité évidente dans le matériel photo ainsi observé (ce qui est arrivé peut facilement s’expliquer par l’age des organes utilisés ou peut n’être que la conséquence normale de la faible représentativité statistique d’un petit échantillon). Néanmoins, cela doit servir de leçon à quiconque voudrait participer à un voyage photographique : Soyez prêt à toutes sortes de casses de votre matériel.